Février 2026
Dans le cadre des élections municipales qui se profilent les 15 et 22 mars prochain, notre coopérative a organisé trois ateliers « Virage Sobriété »1 à Livron-sur-Drôme, Die et Crest pendant ce mois de janvier.
Plus de 50 candidats et futurs élus formés à cette notion dont on parle beaucoup mais dont on peine encore à bien la comprendre…et encore davantage à la mettre en œuvre.

La sobriété, un concept pas toujours simple
Vous le savez, la consommation énergétique n’a jamais été aussi importante…et cette dernière est encore majoritairement fossile. Même en France, c’est plus de 60 % de nos consommations d’énergie qui viennent du pétrole, du gaz et un peu du charbon. Cette consommation excessive a bien entendu un impact important sur le réchauffement climatique, mais pas uniquement.
À partir de la Théorie du Donut de Kate Raworth, nous comprenons qu’un espace sûr et juste pour l’humanité se construit entre un fondement social (accès à l’eau, à l’énergie, au logement,…pour toutes et tous) et un plafond écologique (afin de ne pas dépasser les limites planétaires). En ce sens la sobriété est « une démarche qui vise à réduire les consommations d’énergie, de matières, de ressources naturelles et d’émissions de gaz à effet de serre par des changements de comportements, de modes de vie et d’organisations collectives volontaires et organisés »2.
L’atelier permet d’explorer aussi les co-bénéfices important liés à la sobriété : amélioration de la qualité de l’air, de l’eau et des sols, amélioration de la santé, des liens sociaux,… loin de l’image négative régulièrement associée à la sobriété.
Les pouvoirs publics en première ligne
« Les politiques de sobriété se composent d’un ensemble de mesures et de pratiques du quotidien qui évitent la demande en énergie, matériaux, sols et eau tout en garantissant le bien être de tous dans le respect des limites planétaires. »3
Les participants ont ainsi pu explorer des actions concrètes, aux échelles communales et intercommunales permettant de mettre en œuvre différents types de sobriété (dimensionnelle, structurelle, d’usage, collaborative et conviviale) avec par exemple des mesures comme développer des flottes de véhicule partagées, encourager le développement de l’habitat partagé, ou désimperméabiliser les espaces publics. Il est aussi intéressant de constater que des mesures déjà mises en œuvre par les collectivités pouvaient être considérés comme faisant partie d’une politique de sobriété (la création d’une cuisine intercommunale par exemple).
Après l’hiver 2022, une sobriété d’urgence s’est mise en place en lien avec des risques de rupture d’approvisionnement gaz / électricité. Nous espérons maintenant que les collectivités locales -et à d’autres niveaux Région, État…- pourront travailler à la mise en place d’une sobriété structurelle et systémique.
Des politiques en lien avec les habitants
La plupart des actions à mettre en œuvre nécessite d’être réalisée, ou, a minima soutenue, par les collectivités locales, sans quoi elles ne pourront être réalisées. La mise en œuvre de la sobriété nécessite des discussions collectives importantes. Notre coopérative assure déjà l’existence de lieux d’échanges et de discussions entre citoyens sur le sujet de transition énergétique…mais elle n’a pas vocation à définir quels usages sont nécessaires et lesquels sont superflus. L’action des pouvoirs publics en ce sens est essentiel.
Nous espérons que les personnes formées pourront, dès demain, intégrer fortement la sobriété au cœur de leur politique. De notre coté, nous nous tenons à disposition pour réaliser à nouveaux ce type d’atelier auprès des élus ou du grand public. Nous serons également présents pour soutenir ou porter la mise en œuvre des projets s’inscrivant dans des politiques de sobriété.
1Atelier créé par l’association « Virage Énergie »
2Virage Énergie
3Résumé pour décideurs du volet 3 du 6e rapport du GIEC sur l’atténuation du changement
climatique, 2022